Cette semaine dans la Cerisaie…
Le Théâtre des Quartiers d’Ivry nous a ouvert ses portes pour explorer les trois premiers actes. Nous avons traversé Tchekhov en long, en large, et avec quelques ajouts de textes… Nous avons parcouru des archives, bien au chaud, entre Strehler et Peter Brook. Les personnages se sont offert des cadeaux : Trofimov un ticket à gratter à Pichtchik, Charlotta un porte-monnaie à Lioubov pour la fête des mères, Lopakhine un veston à Firs, mais aussi des chansons, des objets à léguer, des mouchoirs à partager… Varia a joué de la trompette et Charlotta a lu dans nos pensées. Iacha, Douniacha et Pichtchik ont exploré leur idylle depuis le gradin. Nous avons compris l’importance du souvenir et de la place du théâtre cristallisé dans des « on dirait que » qui permettent de faire surgir les fantômes. Nous avons cherché des moyens de remplir et de vider l’espace pour éprouver le lieu à travers le temps. Nous avons beaucoup cherché autour de la fête pour notre acte 3 afin d’en dessiner les contours et explorer ses fondations.
Et puis nous avons quitté Paris. Tout est fini avec Paris. Direction Limoges dès février pour poursuivre nos aventures… Jusqu’à se revoir.
Quelques éléments qui accrochent l’oreille :
- Il y a un cerisier planté sur la tombe de Tchekhov
- En 1903, il y a beaucoup de domaines délaissés en Russie
- « Notre héritage n’est précédé d’aucun testament. Je suis désolée, au nom de toute ma famille et de tous nos ancêtres. »
- « J’attends toujours quelque chose, comme si la maison allait nous tomber sur la tête. » p.49
-
« C’est tellement clair, pour commencer à vivre dans le présent, il faut d’abord racheter notre passé. » p.63
Les références partagées cette semaine :
- Soleil vert, Richard Fleischer
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Seras-tu là, Michel Berger
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Les trois roses jaunes, Raymond Carver
Un extrait de texte en chantier
Vous ne trouvez pas que ça bousille les oreilles tout ce silence ici ?
Musique !
Le salon, séparé de la salle par une baie en arche !
Le lustre est allumé !
C’est le soir !
Le brouillard de l’Acte I entre dans la maison !
Que la fête commence !
Vous voulez bien installer la table ?
Habillez-vous !
Maquillez-vous !
Enlacez-vous !
Et dansez nom de dieu, dansez !
Ce soir, on ne se refuse rien.
On ne dirait pas comme ça , mais on a passé beaucoup de temps à préparer cette
fête ! Une fête comme vous n’en avez jamais vu ! Une fête du bord ! Une fête pour
dire adieux à nos ancêtres ! Une fête pour brûler nos rêves ! Une fête de la fin du
monde !
Douniacha, les guirlandes ! / Firs, les coupes ! / Et on envoie du son ! / Voilà,
comme ça / Vite / On se bouge / Personne ne reste assis / Ça ne discute pas dans
les coins / Ça lève les bras en l’air / Ça se tortille / Ça tourne / Ça ne s’arrête
jamais / Voilà !
Ça y est, on entend de la musique…
C’est moi !
C’est moi qui joue de la musique !
Je ne suis pas là, dans le salon.
Je suis dans la salle qui se trouve juste derrière.
Là où la fête bat son plein…!
Et je joue !
Ouais
Je joue !
