Note d'intention de Fargass Assandé

Le propos général est de raconter une histoire, de projeter la fiction sur la réalité de notre quotidien pour dire notre commune finalité ; mais aussi et surtout notre impuissance face à la perte d’un fils. Il s’agira de faire exister un moment de vérité où le destin d’un couple se retourne et faire voir la fatalité humaine. Porter dans un univers décalé et irrévérencieux, notre sidération et notre refus de l’évidence, sculpter des instants de vie et les faire vivre par extension pour interroger le mécanisme qui détruit l’humain dans les fondements de ses espérances et de son équilibre.

Le spectacle sera autant visuel qu’auditif. Une construction, une architecture mouvante d’images, de bruits et de musique. Des moyens qui inévitablement interagiront avec la poésie du texte. Avec réalisme, nous allons à la rencontre du tragique pour dire l’omnipotence la mort dans l’absurdité de la condition humaine et ses effets destructeurs sur l’individu.

La conception de mise en scène sera allégorique Cette option mettra en évidence le travail des acteurs dans un espace qui permet le déploiement des rapports physiques, qui orchestre une rencontre réelle et directe, physique et concrète ; quoique éphémère, entre le comédien, le texte et le spectateur.

Dans l’angoisse de l’enfermement, on ressentira le mal-être, la lassitude et la douleur. Nous rendrons compte de la dévastation profonde des victimes innommables. Nous donnerons aussi à voir leur force pour résister, survire à l’horreur brutale que vit celui qui perdu un enfant.

La réalisation de ce spectacle misera sur les frontières des genres, laissant le dramatique et le narratif se combiner d'une façon singulière riche en possibilités d'exploration artistique.

Dans cette intrusion aux sources des violences intimes, les arts s’emmêleront, les corps se propulseront, les cœurs vibreront, les rires déferleront, la larme pointera au coin de l’œil...

Loin de la caricature, les répliques seront graves et drôles, souvent grinçantes pour faire entendre l’absolu, être en rapport direct aux mots, vivre une intimité, pudique, offerte avec simplicité....

Notre pari sera de construire un regard, articuler une vision de la perte, de l’absence, du manque de l’autre. Mener une réflexion qui restitue un fragment du réel. Il nous revient de dérouler cette bobine dont on ne sait plus qui en tient le fil. Ne pas lâcher ce fil jusqu'à la dernière minute de cette introspection, tout comme cet enfant mort auquel nul ne sait renoncer.