Ce sont deux mues.

L’une incandescente et l’autre consumante
Deux êtres en mouvement, deux aspects d’une maîtrise.
La chute de Sigismund et sa renaissance,
L’enfermement d’Albe et son élévation,
La métamorphose de ces deux êtres et au milieu,
le Seigneur de Bernage, attentif, recueillant, analyste ou confesseur qui par son écoute va faire basculer ces deux existences.

Et toujours
Le silence de celui qui s’enferme
Le silence de celle qui semble subir Le silence de celleux qui écoutent

Sur la scène le trouble et la disproportion, à l’image de la grandeur de ces êtres là, si humains et si brûlants. Sensations de déjà vu, intangibilité de l’espace qui se fait et se défait sous nos yeux
et nos oreilles, sensualité des matières.

Ce que la chercheuse Barbara Marczuk décrit comme

« une scénographie sans intention mimétique pour satisfaire au goût du mystère et au désir de beauté », quelques pistes déjà : L’enfermement de Sigismund quand Albe traverse les murs. L’effondrement de Sigismund quand Albe atteint le ciel

Et l’Amour total, inconditionnel, si puissant qu’il soumet les êtres Au-delà de la fascination, en deçà de la langue.

« Nous croyons encore tenir les rênes de nos vies quand, depuis longtemps, c’est la nature et elle seule qui nous mène. »

Julie Delille,
janvier 2019.