<< May 2012 >>
MTWTFSS
123456
78910111213
14151617181920
21222324252627
28293031
Rien que cette ampoule dans l'obscurité du théâtre

danse émoi > biennale 2010
En coréalisation avec les Centres Culturels Municipaux

12 et 13 janvier / Théâtre de l’Union
mardi 12 janv. (20h30), mercredi 13 janv. (20h30) 

mise en scène Georges Appaix

La nouvelle création de Georges Appaix, pièce pour sept interprètes danseurs, a pour point de départ le texte. Il considère le plateau comme une page blanche et refait avec le spectateur le chemin qui conduit à une forme spectaculaire. Sa première question : « Quelle relation avec le spectateur veut-on essayer de vivre ? ». 


avec Georges Appaix, Séverine Bauvais, Jean-Paul Bourel, François Bouteau, Wendy Cornu, Sabine Macher, Gill Viandier

La danse ici éclaire bien mieux que tous les traités du monde sur ce que le corps produit et sur tout ce qui lui échappe, mots, gestes, vrais et faux mouvements. Entre Duchamp et Oulipo, le chorégraphe pointe avec humour les maladresses des corps et les maladies de la langue. Un art du fragment où les interprètes basculent avec une
grande souplesse de l’état de danseur à celui d’acteur.

> Diplômé de l’École Nationale Supérieure des Arts et Métiers, Georges Appaix suit en parallèle une formation de danse contemporaine auprès d’Odile Duboc pour qui il a dansé à partir de 1978.

Coproduction Compagnie La Liseuse / Théâtre Garonne de Toulouse / Pôle-Sud, scène conventionnée de Strasbourg / Théâtre National de Chaillot - la Compagnie La Liseuse réside à la Friche la Belle de Mai à Marseille. Elle est conventionnée par le Ministère de la Culture et de la Communication (DRAC Provence-Alpes-Côte d’Azur), elle est subventionnée par la Ville de Marseille, le Conseil Général des Bouches-du-Rhône et le Conseil Régional de Provence-Alpes-Côte d’Azur.


 


POSE CAFÉ !
mercredi 13 janvier (13h) / Bar du Théâtre de l'Union  entrée libre
Nous vous invitons autour d'un café (offert !) à rencontrer Georges Appaix qui se prêtera au jeu de répondre à vos questions. Cette rencontre animée par Jérémy Le Bescont, aura lieu dans l'espace convivial du Bar du Théâtre de l'Union. 


 

Extrait de Question de Goûts, solo de et par Georges Appaix

"Mais quel est votre sujet ?

On croit toujours tout connaître de l’univers de Georges Appaix tant il est cohérent dans ses paradoxes : chanson de gestes et précis de mouvements, textos chorégraphiques en langue jazzée, épices de pensée... Un art du fragment qui joue de la liaison et des ruptures, qui parle par exclamations et brouillages plutôt que par discours et récits. Des pièces qui filent entre l’air et la matière, comme les danseurs à travers cette portière méditerranéenne de Brigitte Garcia, presque toujours posée, légère, en un coin de la scène. Une grammaire toute en ponctuations, moins déterminante que variable, et une langue qui ne sépare pas les élans du coeur et les non dits, les malentendus et les éclairs d’intuition. La langue des hommes, avec un peu des cris de la fée…

Ici l’empêchement malicieux des incommuniquants – « pourquoi parlons-nous la même langue et parlons-nous différemment ? »-, ici encore et en même temps, le bégaiement délicieux des amoureux et des poètes qui ne cessent de redire leur foi dans l’intervalle du monde.

On croit savoir… Et pourtant, tout bouge, surtout depuis M encore, cette pièce emportée au vent des mots de Deleuze… Déjà, les duos prennent leur temps et une conversation, toute morcelée qu’elle soit, ne lâche pas le morceau avant d’avoir fait rendre gorge à toutes ses possibles variations. Même contraint dans ses termes, le texte développe toute une gamme d’entendements
…Un bout à bout très abouti qui construit jusqu’au bout sa scène.

.../...
Non seulement... est l’accomplissement d’un désir : un tour de chant comme il se doit, avec musiciens et danseurs comme il ne s’en trouve guère. Là encore, Appaix, en auteur-compositeur-interprète, répond au défi du genre et polit chaque chanson comme une petite planète.

Once upon a time... fait le pari de garder tout ensemble l’abstraction et le concret des choses, « Ca, c’est quelque chose qui n’est rien » dit François Bouteau, manipulant Pascale Cherblanc, parlant en postures de l’énigme des formes avant d’interpeller, très quotidiennement, la danseuse et l’amie… À travers ses épisodes plastiques, chorégraphiques et sonores, le spectacle garde le cap de son sujet.

Le sujet, justement, de Question de Goûts, dernier solo en date du chorégraphe, c’est ce qui se passe, Immédiatement, là, tout de suite*, quand un homme seul entre sur scène sans idée arrêtée mais avec l’envie d’y agir. Une histoire entre artiste et spectateurs puisque rien ne se fera sans l’un et les autres. Georges Appaix incarne un texte linéaire et progressif, qui déroule la situation et joue de tout ce qui lui passe par la tête et le corps, au fil de la création, donc de la représentation. Au risque du présent continu. Ce sera la base – sans doute fort chahutée - de
la création à venir,
Rien que cette ampoule dans l’obscurité du théâtre enlevée par 7 interprètes.


Georges Appaix ne renie sans doute pas les charmes de la séquence, du collage, du montage.

Mais il semble poursuivre plus fermement que jamais, à travers les tressauts et détours d’une
voix intérieure, son cher sujet.

Quel est-il ?

Je parie pour le démon de la scène, qui prétend faire langue en tout lieu et tout instant. "

Christine Rodès, Janvier 2008