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Les garçons et Guillaume, à table!

24 et 25 novembre / Théâtre de l’Union
mardi 24 nov. (20h30), mercredi 25 nov. (20h30)
Durée 1h15

de et avec Guillaume Gallienne > mise en scène Claude Mathieu


« Le premier souvenir que j’ai de ma mère, c’est quand j’avais quatre ou cinq ans. Elle nous appelle mes deux frères et moi, pour le dîner en disant : « Les garçons et Guillaume, à table ! » et la dernière fois que je lui ai parlé au téléphone il y a deux jours, elle raccroche en me disant : « Je t’embrasse ma chérie » ; et bien disons qu’entre ces deux phrases, il y a quelques malentendus ».

Guillaume Gallienne, sociétaire de La Comédie-Française, aime les personnages, tous les personnages, ceux qui s’emboitent à la manière des poupées russes pour finir par n’en faire plus qu’un. Il aime aussi raconter des histoires, ses histoires…Au pays où l’étiquette est reine, Guillaume Gallienne balaye de son autodérision celle dont on l’a si facilement affublé et derrière laquelle, peut être, il eut été si facile de se cacher…

> Sociétaire de la Comédie-Française depuis 2005, Guillaume Gallienne présente depuis 2008 La minute de Guillaume dans Le Grand Journal de Canal +.
> Sociétaire de la Comédie-Française depuis 1984, Claude Mathieu a interprété de nombreux grands rôles du répertoire.

Production Théâtre de l’Ouest Parisien - Boulogne Billancourt



PORTRAITS CROISÉS


GUILLAUME GALLIENNE PAR CLAUDE MATHIEU

Chez Guillaume, le spectacle commence dans son quotidien, dans sa volupté à vous raconter des histoires, ses histoires..., un entraînement intensif dans lequel il allie, avec ténacité et brio, l’adversité à l’authenticité…
La constance à la fantaisie… Un sens du “trait”, du “croquage” face à des situations, souvent vécues, dans lesquelles il se laisse toujours glisser avec appétit jusqu’à l’abracadabrant, son “syndrome du Teckel”… une vérité exacerbée, sa vérité slave, “Galliennéenne” !...
Autant d’évidences dès notre première rencontre, en 1995, autour de la tragédie Racinienne qui fait également partie de ses voyages, tout amateur qu’il est de “l’outil grand écart”, aussitôt intriguée par cette exubérance, séduite par cette avidité à tout prendre, à tout faire, tout dire, tout traduire … et bien sûr, très vite en compagnonnage sur ce fil de la connivence en terme de sensibilité, de perception de l’autre au plus prés, dans l’écoute, la confiance, la détente...
Avec d’abord Saint François le divin jongleur de Dario Fo, vif, précis, pétillant … et puis, aujourd’hui, avec cette blessure, SA blessure… Là encore transcendée, comme dynamitée aux confins de son humour, de son “jusqu’au-boutisme”.


CLAUDE MATHIEU PAR GUILLAUME GALLIENNE

Claude Mathieu ? Ma reine, Mareine.
La première fois que j’ai rencontré Claude Mathieu, c’était pour jouer avec elle dans mon premier engagement à la Comédie-Française (je n’imaginais pas qu’il y en aurait d’autres), en tant qu’élève de 1ère année du Conservatoire, élève Stagiaire comme on dit, dans Mithridate mis en scène par mon maître d’alors Daniel Mesguich. J’y étais engagé pour jouer Arcas, un serviteur, qui apparaît à l’acte IV puis, donne le poison à la Reine Monime (acte V). C’est Claude qui jouait Monime, la reine, ma reine. Au cours des répétitions puis des représentations, elle est devenue “Mareine”.
C’est elle qui m’a appris à lire un texte, l’intérieur d’un texte, elle qui m’a donné envie de chercher, de travailler, de creuser, elle qui m’a donné envie de rentrer dans cette troupe aussi. C’estClaude aussi qui m’a dit un jour : “Tu as une manière de raconter les histoires, tu devrais écrire”. Il y a deux ans, Marcel Bozonnet m’a proposé de jouer un monologue de Dario Fo, Saint François le divin jongleur, et de choisir quelqu’un de la troupe pour me mettre en scène ; j’ai immédiatement pensé à Claude.
C’était extraordinaire ! J’ai eu l’impression d’avoir un coach à mes côtés. Mais pas comme cesfemmes en fourrures avec des chignons atroces qui attendent les résultats aux côtés des patineurs, non, quelqu’un qui me laissait complètement libre dans mon parcours ; qui savait me guider, me conseiller, m’entraîner, me pousser aussi mais jamais avec autorité, toujours dans la suggestion :
“Et si tu …”.
Claude ne juge pas, elle réfléchit, elle éclaire. Claude touche du bout de sa voix sublime la pensée, là où l’imaginaire va, ou pourrait aller. Et son imaginaire va loin, loin, très loin.Comme pour le Dario Fo, nous avions tous les deux envie de respecter l’idée d’un théâtre sans décor, sans effet. Un acteur et sa valise, sans bouée de sauvetage, sans filet, sans protection… oui, enfin ce n’est pas tout à fait exact, j’ai son regard, et ça…