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Chambre blanche

danse émoi - biennale 2010
En coréalisation avec les Centres Culturels Municipaux

19 et 20 janvier / Théâtre de l’Union
mardi 19 janv. (20h30), mercredi 20 janv. (20h30)
Durée 1h05


conception et chorégraphie
Michèle Noiret 

La chorégraphe Michèle Noiret fait évoluer quatre danseuses dans la chambre blanche, un lieu intime célébré par Virginia Woolf comme un espace de liberté et de réceptivité. Un lieu d’exploration où elles se rencontrent jusqu’à soupçonner qu’elles sont les quatre aspects d’une même personne.



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dansé et créé par Julie Devigne, Dominique Godderis, Michèle Noiret / Shantala Pepe, Lise Vachon

Un lieu où tout est possible, surtout l’inattendu, un lieu qui oblige à se dépasser, à trouver des
passages là où on croyait qu’il n’y avait pas d’issue. Entre érotisme et fantasmagorie, une Chambre blanche qui nous trouble jusqu’à l’envoûtement. Une merveille de raffinement.

> Artiste associée au Théâtre National à Bruxelles, Michèle Noiret compte à son actif plus d´une vingtaine de productions chorégraphiques

Production Compagnie Michèle Noiret - Coproduction le Théâtre des Tanneurs - Avec l’aide du Ministère de la Communauté française de Belgique - Service de la Danse -Michèle Noiret est artiste associée au Théâtre National à Bruxelles et fait partie du Comité artistique du Centre National de la Danse (France).


 


POSE CAFÉ !
mercredi 20 janvier (13h) / Bar du Théâtre de l'Union  entrée libre
Nous vous invitons autour d'un café à rencontrer Michèle Noiret qui se prêtera au jeu de répondre à vos questions. Cette rencontre animée par Jérémy Le Bescont, aura lieu dans l'espace convivial du Bar du Théâtre de l'Union. 
 

 


La chambre dans l’oeuvre de Virginia Woolf

Je touche cette table placée devant moi, et je rentre en possession de la réalité
présente.

Elle écartait le rideau pour regarder dans la nuit.

Le vieux manteau du Moi était tombé de mes épaules. Mais comment décrire un
monde d’où le Moi est absent ?

Je suis obligée de me souvenir de choses perdues dans le lointain et dans les
profondeurs, sombrées dans l’une de ces innombrables existences, dissoutes en
elles : des rêves, des choses qui faisaient partie du décor, et ces commensaux, ces
vieux fantômes à demi inertes qui me hantent nuit et jour, qui se retournent dans
leur sommeil, qui poussent des cris confus, qui me saisissent de leurs doigts de
spectres, quand j’essaie de m’échapper : fantômes de ce qu’on aurait pu être. Mais
qui ne furent jamais nés.

J’aurai contribué plus qu’aucun de vous à l’atmosphère du moment qui passe : je
serai entré dans plus de chambres, toutes différentes les unes des autres.

La lumière inonde la chambre, et fait reculer les ténèbres jusqu’au recoin où elles
continuent à pendre en plis impénétrables.

Le bonheur est contenu dans cette chambre, et la paix que dispensent les objets.
Les jours de la semaine sont contenus dans cette chambre. L’avenir est dans cette
chambre.

Des flèches de sensations couraient le long de mon échine. Et c’est ainsi, tout le
reste de notre vie, que nous serons transpercés par les flèches de la sensation,
lorsque nous nous cognons contre une chaise, une table, ou une femme.

Nous sommes dispersées, nous sommes absentes. Et cependant, il me semble que
rien ne nous sépare. Aucun obstacle ne s’élève entre nous. En vous parlant, j’avais
l’impression que vous étiez moi-même. Ces différences qui nous paraissent si
importantes, cette identité dont nous faisons tant de cas étaient depuis longtemps
surmontées.

La chambre s’emplit de sagesse, d’inquiétudes, de toutes les variétés d’ambition,
de beaucoup d’indifférence, de quelque désespoir. Dehors, un million de mains
s’occupent à coudre, à gâcher du plâtre. Leur activité est sans fin. Et demain, tout
recommence.

Extraits de Virginia Woolf, Les vagues, Stock