| Amnesia |
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Théâtre Coproduction Théâtre de l’Union 26 & 27 septembre > Théâtre de l’Union dimanche 26 sept. (20h30), lundi 27 sept. (20h30)
Durée 2h
Texte et mise en scène Jalila Baccar et Fadhel Jaïbi Avec Jalila Baccar, Fatma Ben Saîdane, Sabah Bouzouita, Ramzi Azaiez, Moez M’rabet, Lobna M’lika, Basma El Euchi, Karim El Kefi, Riadh El Hamdi, Khaled Bouzid, Mohammed Ali Kalaî
C’est l’histoire d’une disparition : celle de Yahia Yaïch. Chef de l’exécutif, il apprend son limogeage à la télévision. Mis en résidence surveillée, il s’enferme dans sa bibliothèque où il échappe de justesse à un étrange incendie. Hospitalisé pour «confusion mentale», il est interrogé par des «psychiatres» sur les mobiles de «l’accident», jusqu’au jour où il disparaît nuitamment de l’hôpital. C’est l’histoire d’un homme que l’on voulait faire taire. Une journaliste le retrouve et tente d’obtenir sa confession... Le nouvel obs.com Dans ce pays où règne une censure d’habitude impitoyable et où l’autocensure est plus redoutable encore, "Amnesia" fait accourir le public avide d’entendre dire des vérités totalement occultées par le régime. Un homme politique donc, qui a été très puissant, et qu’on découvre là, brusquement, sur ordre venu d’en haut, dépouillé de tout pouvoir, privé de passeport, se heurtant à son tour à la brutalité policière, à l’opacité d’un système dont il s’était sans doute fort bien accommodé. Empêché de quitter le pays, bientôt assigné à résidence, bientôt victime d’un attentat qu’on aurait voulu maquiller en suicide, il est grièvement brûlé et retenu dans un hôpital qui devient une prison où des médecins et des infirmiers aux ordres, sauf un ou deux d’entre eux qui résistent par conviction, deviennent ses geôliers. Corruption, abus, délation. Tout Tunis court voir cette pièce, rue Ibn Khaldoun, à deux pas de l’avenue Bourguiba, en plein cœur de la capitale, laquelle ne se joue qu’en fin de semaine, du vendredi au dimanche jusqu’à la fin mai et sera bientôt représentée en France. Et tout Tunis, les résidents étrangers plus encore, demeure médusé par le fait qu’un tel brûlot politique ait pu échapper à la censure féroce qui frappe la Tunisie. Car si l’ouvrage, de façon très habile pour ne pas heurter de front le régime en place, est vaguement censé renvoyer à des temps révolus, ses répliques font irrémédiablement penser à la situation actuelle de la Tunisie. On y dénonce la corruption du pouvoir, les clans de voyous qui font main basse sur le pays et dans lesquels l’on ne peut que voir la rapacité criminelle de la belle-famille et des gendres de Ben Ali; l’absence de liberté de la presse (rappelons que "Reporters sans frontières" classe la Tunisie parmi les nations où la situation de la presse est la plus noire au monde), les journalistes dévoyés habitués à encenser et à mentir; le décervelage des citoyens par le biais de la télévision et du football; les abus de pouvoir, la violence policière, la délation, la surveillance étroite exercée sur les habitants… toutes choses impensables à formuler ouvertement dans la vie courante, introuvables dans des journaux dressés à écrire des dithyrambes comiques à force de ridicule, inimaginables dans l’enceinte de ce qui doit faire office de parlement. "J’ai peur de prononcer une parole libre qui me sera fatale" Commission de censure Raphaël de Gubernatis |

