| Les acteurs de bonne foi et L'héritier de village |
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mercredi 8 avril (20h30), jeudi 9 avril (18h30) / Théâtre de l’Union De Marivaux > Mise en scène Jacques LassalleAvec la 6e promotion de L’Académie, École Nationale Supérieure de Théâtre du Limousin Yannis Bougeard, Denis Boyer, Amélie Esbelin, Laure-Hélène Favennec, Aurore James, Samuel Martin, Mathilde Monjanel, Aurélie Ruby, Thomas Visonneau
Les jeunes comédiens de L'Académie vont présenter ces deux pièces en un acte de Marivaux sous la direction de Jacques Lassalle.
Les acteurs de Bonne foi Merlin, valet de chambre, veut faire unesurprise à sa maîtresse, il veut lui donner la comédie pour la divertir ; commeil n’a pas d’acteurs, il annonce à son maître Éraste qu’il songe à profiter dela situation où se trouvent quelques uns des personnages qui l’entourent pourfaire surgir une comédie dans laquelle valets et suivantes improviseront leur rôle.Merlin assume le rôle de metteur en scène et se fonde sur le caractère naturelde chacun pour donner des conseils sur le jeu. Blaise doit épouser Colette, etlui-même, Merlin, est fiancé à Lisette, la femme de chambre. Il imagine defaire courtiser Lisette par Blaise, tandis que lui-même courtisera Colette, etil les fait répéter d’abord. Mais Colette prend la chose au sérieux et, au lieude railler Merlin comme on le lui a permis, elle répond par des amabilités auxcompliments qu’il lui adresse. Blaise se fâche de cette conduite de sa fiancée.Lisette aussi trouve que Merlin joue avec trop de naturel son rôle auprès deColette. On se querelle, la dame survient au bruit, et après un essai aussi peuencourageant, on renonce à l’idée d’improviser une comédie devant elle. L’Héritier de Village Blaise le paysan arrive de la ville joyeux etfier ; il a pris la voiture publique et se fait porter son bagage par Arlequin, qu’il a rencontré.L’héritage de cent mille francs qu’il vient de faire lui en donne les moyens.Il ne peut plus non plus se conduire en villageois et sa femme et lui doiventprendre les belles manières. Comme il est de mauvais goût d’aimer sa femme, ilest de bon ton d’avoir une maîtresse. « Si tu as une maîtresse, lui dit safemme, je pourrai avoir un amoureux ? — Trente plutôt, si tu veux, et je neverrai rien… », répond-il. Sachant aussi qu’il est debon goût de ne pas payer ses dettes, lorsque un voisin vient lui réclamercinquante francs qu’il lui a prêtés, Blaise refuse de les rendre aussifacilement. « Je me déshonorerais, dit-il. Il faut que vous reveniezplusieurs fois. C’est ainsi que cela se pratique dans le beau monde. Prêter, àla bonne heure, c’est gentilhomme, mais s’acquitter, fi donc ! — Eh bien !prêtez-moi cinquante francs. — Avec plaisir ; les voilà. — Merci, ditl’emprunteur, je déchire votre billet. Nous sommes quittes... Blaise se récrie: c’est malhonnête, ce que vous faites là. Vous allez me mettre à dos tous lesgens riches. » Mais les gentilshommes pauvresaccourent également : la dame du village, qui est passablement endettée, et unsien cousin, officier gascon, viennent se proposer pour épouser, l’une le fils,l’autre la fille du nouveau riche. Pendant les réjouissances, on apporte unelettre annonçant que le banquier chez lequel était placé l’héritage s’est enfuiavec la caisse. Le chevalier et la dame, qui dansaient avec les paysans, tirentleur révérence. Blaise et sa femme n’ont fait qu’un rêve d’ambition.
L’ACADÉMIE, 6ème PROMOTION : « DES MOTS POUR LE DIRE. »
Nous nous sommes retrouvés au bar du Théâtre de l’Union un samedi en fin d’après-midi pour une rencontre enthousiasmante avec ce groupe de jeunes acteurs singuliers, solidaires et déterminés. Je leur ai demandé quels mots ils associaient à leur futur métier, sans chercher à faire des phrases mais en privilégiant la spontanéité sur la formulation. Puis quel était leur rêve. Un peu de naïveté bien sûr dans leurs propos mais surtout beaucoup d’espoir et une grande générosité. C’est avec beaucoup d’impatience que j’attends de les découvrir dans les deux pièces en un acte de Marivaux, Les acteurs de bonne foi et L’héritier de village mises en scène par Jacques Lassalle au mois d’avril.
Le métier d’acteur, pour vous c’est….
Aurélie : Écoute, courage, créativité, rigueur, exigence, confiance en soi, confiance en ses partenaires, générosité. Aurore : En perpétuelle recherche, à la découverte de plein de choses, différentes manières d’aborder les choses, être en état de recherche, être présent, disponible, transmettre à un public, ne pas oublier la beauté de ce qu’on veut défendre malgré les hauts et les bas auxquels on sera confronté, exigeant, ne pas oublier le texte, les partenaires. En ouverture permanente, échange, transmission. Thomas : Feu qui brûle dans mon ventre, la flamme, savoir profondément voir l’autre, pouvoir être disponible à l’univers entier, à ce qui nous arrive, à ce qui arrive aux autres, à la nature. Être curieux de tout. Denis : Rigueur et plaisir car ça se voit quand on en prend. Partage et transmission. Envie de prendre position sur ce qu’on raconte et de le partager avec ceux qui viennent nous voir. Écoute. Disponibilité. Croire en ce qu’on fait. Aller à fond dans une direction. Laure- Hélène : Avoir une vision du monde, la partager. Le courage. Disponible, à l’écoute. Créatif, généreux. Convaincu. Se connaître soi en tant qu’individu. Singularité. Groupe.
Aurélie rebondit sur cette double notion de singularité et de groupe. Lors d’un exercice d’écriture, elle a apprécié que leurs neuf façons d’écrire aient chacune une couleur différente et qu’en même temps, elles résonnent ensemble, comme un chœur.
Leur rêve c’est…
Samuel : Repopulariser le théâtre. Ouvrir des lieux là où le théâtre n’est pas accessible, là où il a une image négative. Qu’il soit ouvert au plus de monde possible. De donner de la joie aux gens. Yannis : De rendre concret le rêve, l’imaginaire. D’être le meilleur artisan du rêve possible, de redonner du rêve aux gens. J’aime l’image de Vitez qui dit que l’acteur est un poète en marche sur une plage, que la mer efface ses pas et qu’il doit sans cesse les refaire. D’être un poète de l’éphémère.
Aurore : Ne pas vivre cette vie dans un rêve, dans un fantasme. Acquérir une sorte de vérité. Je crois que faire du théâtre peut être l’occasion de faire de merveilleuses rencontres. Je veux vivre entièrement dans ce monde-là. De traverser la vie sur un plateau et de garder une innocence. De ne pas sentir les mécanismes. Mathilde : Vivre le théâtre comme une succession de voyages. Que cela ne devienne jamais répétitif ni banal. De vivre un quotidien sans cesse renouvelé, de vivre une aventure humaine d’une grande intensité. De garder ma liberté. De garder une justesse avec ce qu’on veut et ce que l’on est. Amélie : De rendre les gens heureux. D’arriver avec un morceau de rêve construit avec un groupe et de le transmettre aux gens. Si j’arrive à rendre les gens heureux, je serai comblée. Une idée d’unité entre mon groupe et le public. Transporter tout le monde dans une même bulle. Unité et partage. Réussir à émouvoir les gens comme eux ils me touchent.
Propos recueillis par Gabor Rassov
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