Marivaux sous la direction de Jacques Lassalle.
Depuis novembre 2007, L’Académie accueille une nouvelle promotion
composée de neuf comédiens et un auditeur libre. Après la comédie de
Shakespeare Comme il vous plaira dirigée par Paul Golub, les académiciens
vont présenter un spectacle d’après l’oeuvre de Marivaux sous la direction de
Jacques Lassalle. Dans les années 1980, Jacques Lassalle fut directeur du
Théâtre National de Strasbourg, puis administrateur de la Comédie-Française
de 1990 à 1993. Depuis 1994, il dirige la Compagnie pour Mémoire. Jacques
Lassalle est un fidèle de l’Académie. Il a signé deux mises en scène Monsieur
de Pourceaugnac de Molière dans le cadre de l’École des Maîtres et Ouvrez
de Nathalie Sarraute avec la troisième promotion. C’est avec plaisir que nous
vous invitons à découvrir le travail des académiciens qui monteront pour la
deuxième fois sur les planches du Théâtre de l’Union.
Les acteurs de Bonne foi
Merlin, valet de chambre, veut faire unesurprise à sa maîtresse, il veut lui donner la comédie pour la divertir ; commeil n’a pas d’acteurs, il annonce à son maître Éraste qu’il songe à profiter dela situation où se trouvent quelques uns des personnages qui l’entourent pourfaire surgir une comédie dans laquelle valets et suivantes improviseront leur rôle.Merlin assume le rôle de metteur en scène et se fonde sur le caractère naturelde chacun pour donner des conseils sur le jeu. Blaise doit épouser Colette, etlui-même, Merlin, est fiancé à Lisette, la femme de chambre. Il imagine defaire courtiser Lisette par Blaise, tandis que lui-même courtisera Colette, etil les fait répéter d’abord. Mais Colette prend la chose au sérieux et, au lieude railler Merlin comme on le lui a permis, elle répond par des amabilités auxcompliments qu’il lui adresse. Blaise se fâche de cette conduite de sa fiancée.Lisette aussi trouve que Merlin joue avec trop de naturel son rôle auprès deColette. On se querelle, la dame survient au bruit, et après un essai aussi peuencourageant, on renonce à l’idée d’improviser une comédie devant elle.
L’Héritier de Village
Blaise le paysan arrive de la ville joyeux etfier ; il a pris la voiture publique et se fait porter son bagage par Arlequin, qu’il a rencontré.L’héritage de cent mille francs qu’il vient de faire lui en donne les moyens.Il ne peut plus non plus se conduire en villageois et sa femme et lui doiventprendre les belles manières. Comme il est de mauvais goût d’aimer sa femme, ilest de bon ton d’avoir une maîtresse. « Si tu as une maîtresse, lui dit safemme, je pourrai avoir un amoureux ? — Trente plutôt, si tu veux, et je neverrai rien… », répond-il. Sachant aussi qu’il est debon goût de ne pas payer ses dettes, lorsque un voisin vient lui réclamercinquante francs qu’il lui a prêtés, Blaise refuse de les rendre aussifacilement. « Je me déshonorerais, dit-il. Il faut que vous reveniezplusieurs fois. C’est ainsi que cela se pratique dans le beau monde. Prêter, àla bonne heure, c’est gentilhomme, mais s’acquitter, fi donc ! — Eh bien !prêtez-moi cinquante francs. — Avec plaisir ; les voilà. — Merci, ditl’emprunteur, je déchire votre billet. Nous sommes quittes... Blaise se récrie: c’est malhonnête, ce que vous faites là. Vous allez me mettre à dos tous lesgens riches. » Mais les gentilshommes pauvresaccourent également : la dame du village, qui est passablement endettée, et unsien cousin, officier gascon, viennent se proposer pour épouser, l’une le fils,l’autre la fille du nouveau riche. Pendant les réjouissances, on apporte unelettre annonçant que le banquier chez lequel était placé l’héritage s’est enfuiavec la caisse. Le chevalier et la dame, qui dansaient avec les paysans, tirentleur révérence. Blaise et sa femme n’ont fait qu’un rêve d’ambition.
Production L’Académie, École Nationale Supérieure de Théâtre du Limousin / Théâtre de l’Union,
Centre Dramatique National du Limousin / L’Académie est subventionnée par le Ministère de la
Culture et de la Communication – Direction Régionale des Affaires Culturelles du Limousin et par
le Conseil Régional du Limousin. Elle est en partenariat avec le Théâtre de l’Union et l’Université
de Limoges, elle bénéficie également de l’aide de la Ville de Saint-Priest-Taurion et de la Ville de Montreuil.