Traduire et Adapter

Lors de la traduction et de l’adaptation du texte, j’ai pris toutes les libertés : réadaptation de scènes, création de scènes silencieuses, interprétation inévitable du sens et éclaircissement de celui-ci selon certaines directions, transformation de certains personnages, mort de certains et naissance d’autres, réécriture des didascalies. Il n’a pas été question de trahir le texte ni dans son exceptionnelle forme, ni dans son fond (qui par la fable sait générer une véritable critique sociale), mais de donner tout le relief possible à la langue crue, nerveuse, concise de Lenz, à cette langue qui a la volonté de parler à tous, d’aider la représentation en explicitant le bouleversement révolutionnaire opéré par l’auteur des fameuses unités, d’offrir une épaisseur à certaines situations en respectant l’univers politique et poétique de Lenz. Le texte que j’ai aujourd’hui entre les mains est parfois fait de pages blanches, c’est-à-dire des scènes vides de mots, mais déjà je dessine le rythme et les images de ces vides. Traduire Lenz c’était un peu comme écrire un scénario.