exposition

Lusitaniens

Mercredi 9 Janvier 2019 - 19h00

Théâtre de l'UnionLimoges

 

EXPOSITION TRISTAN JEANNE-VALÈS
Galerie du Théâtre de l’Union • 9 janvier 2018 > 29 mars 2018

 

 

Photographies Tristan Jeanne-Valès

Textes Claude Louis-Combet

 

Je photographie des Lusitaniens. Par hasard. Par amitié, à la demande insistante d’un ami. Par jeu. 
Les Lusitaniens naissent sombres : noirs, marrons, ébènes ou gris foncés. Adultes ou presque, ils deviennent blancs ; on dit gris –la robe grise, doit-on dire– mais je dis blancs, parce que je les vois blancs. Arrogants, ils ont l’arrogance de ce blanc qu’ils portent en eux. 
Ce sont des chevaux : magnifiques et peureux, mais vifs, ils galopent, ils amblent, fous furieux quand ils sont étalons, affolés à l’odeur de la femelle proche. Inquiets de nature, ils s’accommodent mal de leur vision panoramique, apeurés par le monde.
Je les photographie ici, en Normandie, pays de bocages humides et gras, boueux dès les pluies de l’automne. Je les cadre serrés, je les cadre carrés, par fragments je leur prends leur arrogance, leurs soumissions, leur couleur blanche, leurs veines, leur peau et le sang à la fleur de leur peau. 

Tristan Jeanne-Valès

 

Eric Marais a rencontré Réhézite, le plus haut des Lusitaniens et s’est installé contre son flanc. Tristan Jeanne-Valès a pris des photographies comme il eût caressé le poil de la bête. Dernier complice, Claude Louis-Combet a semé ses petits poèmes en rêvant, entre sabot et garrot, entre crinière et queue. Et le cheval, pendant ce temps, que faisait-il ? Il se contentait d’être. Il avait pour lui la puissance, l’élégance, la grâce du danseur et la paix du sage. Il était si rempli de sa plénitude qu’il en oubliait sa propre beauté dans celle du monde. Plus rien ne le poussait à courir. Il connaissait le bonheur du repos et causait avec les fleurs avant de les goûter.
De la confrérie des Lusitaniens, Réhézite avait été le premier. D’autres suivirent, au hasard et au gré de fêtes hippiques ou de visites de haras. Tous ces chevaux, de même race, partagent la même élégance, la même supériorité native d’intelligence des situations et d’affective proximité avec l’homme qui les maîtrise et les exhibe. Les images, ici retenues, témoignent pour l’échange qui eut lieu entre le photographe et chaque cheval en particulier, entre la tradition équestre et l’exigence esthétique de l’artiste. C’est sous le signe de la rencontre que le travail a pu être mené à son juste terme et prendre tout son sens de célébration.

Claude Louis-Combet

 

La galerie du Théâtre de l’Union est accessible du mardi au vendredi de 13h à 18h30 & les soirs de représentation, le samedi deux heures avant la représentation.